Le 8 août 2024, Francis Ngannou brisait le silence sur le drame le plus douloureux de sa vie. Dans une interview bouleversante accordée au podcast de Joe Rogan, le combattant camerounais révélait pour la première fois les circonstances tragiques entourant la mort de son fils Kobe, âgé de seulement 15 mois. Un récit qui a ému le monde entier des sports de combat et bien au-delà.
Une malformation cérébrale non détectée : le diagnostic qui n’est jamais venu

Les premiers signes d’alerte ignorés
L’histoire commence par ce que tous les parents redoutent le plus : un enfant qui s’évanouit sans explication apparente. Pour Francis Ngannou et la mère de Kobe, ces moments terrifiants se sont produits à deux reprises, dans deux pays différents, sans qu’aucun médecin ne puisse identifier le véritable problème.
« Il avait une malformation au cerveau, ce que nous ignorions. Il s’est évanoui deux fois. La première fois, c’était au Cameroun, nous l’avons emmené à l’hôpital. Ils n’ont rien trouvé. »
La première alerte au Cameroun n’a donné aucun résultat. Les médecins ont examiné le petit Kobe, mais rien dans leurs tests n’a révélé l’anomalie cérébrale qui menaçait silencieusement sa vie. Pour des parents déjà inquiets, cette absence de diagnostic a dû être à la fois rassurante et troublante. Comment un enfant peut-il s’évanouir sans raison médicale identifiable ?
Le deuxième évanouissement en Arabie Saoudite
La situation s’est répétée alors que la famille se trouvait en Arabie Saoudite. Kobe s’est à nouveau évanoui, déclenchant une nouvelle course contre la montre vers l’hôpital. Cette fois, les médecins ont procédé à des examens plus approfondis, cherchant désespérément à comprendre ce qui affectait cet enfant de 15 mois apparemment en pleine santé.
« La deuxième fois, c’était en Arabie saoudite, nous l’avons emmené à l’hôpital. Ils ont fait beaucoup d’examens, ils n’ont rien fait. Ils ont fait un électroencéphalogramme, ils n’ont pas fait de scanner ou d’IRM. »
L’absence d’imagerie cérébrale complète a scellé le destin du petit Kobe. Aucun scanner, aucune IRM n’a été réalisé – les seuls examens qui auraient pu révéler la malformation cérébrale cachée. Au lieu de cela, les médecins sont arrivés à une conclusion erronée qui allait donner aux parents un faux sentiment de sécurité.
Un diagnostic erroné aux conséquences fatales
Les médecins saoudiens ont conclu que Kobe souffrait d’un poumon gonflé qui comprimait sa cage thoracique, limitant sa respiration et provoquant les évanouissements. Ce diagnostic semblait logique, cohérent avec les symptômes, et surtout, traitable.
« Leur conclusion était qu’il avait un poumon gonflé. C’est ce qui pressait sa poitrine et l’empêchait de respirer, ce qui a créé ce problème. Après tous ces examens, ils lui ont donné des médicaments, comme quoi tout irait bien. Il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. »
Les médecins ont même initialement évoqué l’asthme avant d’écarter cette hypothèse. Ils ont fourni un respirateur, puis l’ont retiré après de nouvelles investigations. Pour Ngannou, ces ajustements médicaux semblaient refléter un processus de diagnostic rigoureux. Comment aurait-il pu savoir que ses médecins passaient complètement à côté du véritable problème ?
La prescription de médicaments et l’assurance que « tout irait bien » ont offert à la famille un répit trompeur. Francis Ngannou a admis que cette conclusion l’avait rassuré, lui permettant de reprendre sa vie professionnelle et ses déplacements.
Le dernier jour : un récit qui brise le cœur

Un départ serein vers Dubaï
Fort de l’assurance médicale reçue en Arabie Saoudite, Francis Ngannou a quitté le Cameroun pour Dubaï, où il devait poursuivre son entraînement. Dans son esprit, le problème médical de son fils était résolu. Les médicaments feraient leur effet, et Kobe grandirait normalement.
« Je me souviens juste d’être arrivé à Dubaï et mentalement, je ne me porte pas mal. La vie est belle. »
Cette phrase résonne avec une ironie cruelle. Ngannou était à Dubaï, l’esprit tranquille, convaincu que sa famille était en sécurité au Cameroun. Il s’entraînait, se concentrait sur sa carrière, anticipait son retour sur le ring. La vie lui souriait. Son fils de 15 mois grandissait bien, plus grand même que ne le suggérait son âge. Tout semblait aller dans le bon sens.
L’appel qui a tout changé
Le récit que fait Ngannou de ces moments est d’une précision déchirante. Chaque détail reste gravé dans sa mémoire, comme si son cerveau avait enregistré en haute définition les dernières minutes avant que son monde ne s’effondre.
« J’étais en train de faire du vélo, puis j’ai essayé de l’appeler, je voulais lui parler. J’ai appelé sa mère mais elle n’a pas répondu au téléphone. »
Un père qui veut simplement parler à son fils. Un appel sans réponse qui aurait dû alerter, mais qui semblait anodin sur le moment. Combien de fois appelons-nous nos proches sans obtenir de réponse immédiate ? Ngannou a continué son entraînement, passant à la machine à jambes, sans imaginer une seconde le drame qui se déroulait à des milliers de kilomètres.
Trente minutes qui ont tout basculé
« Trente minutes plus tard, j’étais sur la machine à jambes, mon téléphone a sonné et c’était mon petit frère. Il m’a dit : ‘Frère, les choses ne vont pas bien ici’. »
La voix de son frère. Pas celle de la mère de Kobe, pas celle de sa mère à lui. Déjà, quelque chose ne tournait pas rond. Les mots choisis – « les choses ne vont pas bien ici » – cette formulation vague qui précède toujours les pires nouvelles.
« ‘Kobe, il s’est évanoui, il ne respire plus, nous sommes à l’hôpital, ils m’ont viré de la chambre’. »
Un troisième évanouissement, mais cette fois différent. Plus de respiration. L’hôpital qui expulse les proches de la chambre – signe universel que les médecins tentent une réanimation désespérée. Ngannou, à des milliers de kilomètres, impuissant, ne peut que rester au téléphone, cherchant frénétiquement des informations.
Les mots qui tuent

« Pendant que nous parlions, il essayait aussi d’obtenir des informations, donc je l’ai perdu pendant trois ou quatre minutes. »
Trois ou quatre minutes d’attente insupportable. Le téléphone en main, Ngannou devait entendre les bruits de fond de l’hôpital, les voix étouffées, l’agitation. Son frère cherchant désespérément quelqu’un qui pourrait lui donner des nouvelles. Puis, la voix qu’il ne voulait pas entendre.
« Puis, j’ai entendu l’infirmière derrière lui dire : ‘Eh bien, il est parti.’ Comme ça. Il est parti. »
La brutalité de cette annonce est stupéfiante. Pas de préparation psychologique, pas de ménagement, pas de médecin venant expliquer. Une infirmière, à l’arrière-plan, prononçant ces mots terribles avec ce qui semble être une froideur professionnelle : « Il est parti. »
Le refus de croire l’incroyable
« Comment ça, il est parti ? Comment ça, il est parti ? Ce gamin avait 15 mois, il était plus grand que 15 mois. Il grandissait. C’était l’enfant le plus joyeux et le plus heureux qui soit. Comment ça, il est parti ? Parti où ? »
Le déni immédiat d’un père face à l’impossible. Dans l’esprit de Ngannou, rien ne pouvait justifier cette annonce. Son fils n’était pas malade, selon les médecins. Il prenait ses médicaments. Il grandissait même plus vite que la moyenne. C’était un enfant heureux, souriant, plein de vie.
Comment un tel enfant peut-il « partir » ? Le cerveau refuse d’accepter une information qui contredit toute la réalité qu’il connaissait quelques minutes auparavant. La vie est belle, on s’entraîne à Dubaï, on prépare son retour, et soudain, plus de fils.
La confirmation du cauchemar
« Je pensais que je rêvais. Je pensais qu’ils allaient dire que ce n’était pas vrai. J’ai continué à appeler et tout le monde a confirmé. J’ai appelé ma mère, elle est en larmes. »
La multiplication des appels désespérés cherchant quelqu’un, n’importe qui, qui dira que c’est une erreur, une mauvaise blague, un malentendu. Mais chaque personne contactée confirme l’horreur. Sa propre mère, en pleurs, incapable de parler clairement – confirmation ultime que le cauchemar est réel.
« C’est quoi ce bordel ? C’était ça. »
Ces derniers mots résument toute l’incompréhension, toute la rage, tout le désespoir. Un père qui se retrouve dans une salle de sport à Dubaï, le téléphone à la main, confronté à l’annonce que son fils de 15 mois vient de mourir à des milliers de kilomètres. Aucun moyen de le tenir une dernière fois, aucun moyen de lui dire au revoir, aucune possibilité de comprendre pourquoi.
Quentin, 27 ans, passionné par les sports de MMA. Suivez mon aventure au coeur de tous les combats MMA !


