Mesurant 1,68 mètre pour 66 kilos, Alexander Volkanovski défie toutes les statistiques du MMA moderne. Ce gabarit compact cache pourtant l’un des combattants les plus redoutables de l’UFC, champion des poids plumes à deux reprises. Son allonge surprenante de 182 centimètres et sa puissance héritée du rugby à XIII en font un adversaire redoutable malgré sa stature modeste. Plongeons dans l’analyse physique de « The Great », ce guerrier australien qui prouve chaque jour que la taille n’est qu’un chiffre dans l’octogone.
Les mensurations d’Alexander Volkanovski

Le gabarit officiel du champion australien
Volkanovski affiche des caractéristiques physiques atypiques pour un champion UFC. Sa taille de 1,68 mètre le classe parmi les combattants les plus petits de sa division, tandis que son poids de combat oscille autour de 66 kilogrammes, parfaitement calibré pour la catégorie des poids plumes. L’élément le plus fascinant reste cette allonge de 182 centimètres, soit 14 centimètres de plus que sa taille réelle. Un ratio exceptionnel qui lui confère un avantage tactique considérable lors des échanges debout.
Né le 29 septembre 1988 à Wollongong, l’Australien possède une morphologie trapue héritée de ses années de rugby professionnel. Cette carrure compacte lui offre une stabilité remarquable en lutte et une explosivité dévastatrice dans ses enchaînements de frappes. À 36 ans, Volkanovski maintient une condition physique irréprochable grâce à un entraînement rigoureux réparti entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Thaïlande.
Comparaison avec les standards UFC
La moyenne des combattants poids plumes de l’UFC tourne autour de 1,75 mètre, ce qui place Volkanovski largement en dessous. Pourtant, cette apparente faiblesse se transforme en atout majeur sur l’octogone. Son centre de gravité bas rend les projections extrêmement difficiles pour ses adversaires, tandis que sa densité musculaire lui permet de générer une puissance surprenante dans chaque frappe.
Max Holloway, son rival historique, culmine à 1,80 mètre. Une différence de 12 centimètres que l’Australien a su neutraliser lors de leurs trois affrontements légendaires. Brian Ortega mesure 1,73 mètre, José Aldo 1,70 mètre. Face à chacun d’eux, Volkanovski a imposé son rythme malgré ce désavantage de taille. La preuve vivante qu’au MMA, l’intelligence tactique et la préparation transcendent les mensurations brutes.
Du rugby au MMA : la transformation physique de Volkanovski

Les débuts à 97 kilos
Difficile d’imaginer aujourd’hui que Volkanovski pesait 97 kilogrammes durant sa carrière de rugbyman. Première ligne pour les Warilla Gorillas, il possédait une carrure massive parfaitement adaptée aux impacts violents du rugby à XIII. Cette musculature imposante lui valait même le surnom de « Hulk de l’Illawarra » dans sa région natale.
La transition vers le MMA s’amorce à 22 ans, lorsqu’il découvre les arts martiaux mixtes comme complément d’entraînement durant l’intersaison. Fasciné par ce sport qu’il suivait déjà depuis l’adolescence en louant des cassettes VHS de l’UFC, Volkanovski prend alors une décision radicale : abandonner le rugby pour embrasser une carrière professionnelle dans l’octogone.
Cette reconversion exige une transformation corporelle drastique. Perdre 30 kilogrammes de masse tout en conservant force et explosivité représente un défi colossal. Pendant plusieurs mois, l’Australien ajuste son alimentation, modifie ses entraînements et découvre progressivement la discipline nécessaire aux sports de combat individuels.
La descente progressive des catégories de poids
Volkanovski entame sa carrière professionnelle en 2012 dans la catégorie des poids mi-moyens (77 kg), un compromis logique pour son corps encore habitué au rugby. Durant cette phase d’adaptation, il affine sa technique en kickboxing et perfectionne sa lutte gréco-romaine, discipline qu’il pratiquait déjà à 12 ans avec deux titres nationaux australiens à son actif.
En 2014, première bascule vers les poids légers (70 kg). Cette année marque un tournant dans son approche du combat. Volkanovski remporte le titre vacant des poids légers du Roshambo MMA face à Greg Atzori, puis celui des poids welters. Sa polyvalence devient sa marque de fabrique : capable de terminer par soumission, KO ou décision, l’Australien accumule les victoires.
La descente finale vers les poids plumes s’opère la même année. Pesant désormais 66 kilogrammes, Volkanovski découvre sa catégorie naturelle. Son corps retrouve une agilité perdue durant les années de rugby, tandis que sa puissance demeure intacte grâce à une densité musculaire exceptionnelle. Cette combinaison explosive fera de lui un futur champion du monde.
L’incursion en poids légers contre Makhachev
En février 2023, Volkanovski tente l’exploit face à Islam Makhachev pour le titre des poids légers à Perth. Remonter de catégorie implique de reprendre entre 4 et 7 kilogrammes de masse musculaire sans perdre en vitesse. L’Australien relève le défi mais s’incline par décision unanime dans un combat serré qui lui vaut le bonus « Combat de la soirée ».
La revanche d’octobre 2023 à Abu Dhabi tourne court. Makhachev le terrasse par KO dès la première reprise avec un coup de pied retourné dévastateur. Cette défaite soulève une question fondamentale : Volkanovski possède-t-il le gabarit pour rivaliser durablement avec les meilleurs poids légers ? La réponse semble négative, confirmant que sa catégorie optimale reste les 66 kilogrammes.
Ces deux tentatives démontrent néanmoins son courage et son ambition débordante. Rares sont les champions acceptant de remonter de division sans abandonner leur ceinture. Volkanovski rejoint ainsi le cercle restreint des combattants ayant défié les limites de leur gabarit naturel pour s’attaquer aux géants de la catégorie supérieure.
La taille comme arme tactique dans l’octogone

Les avantages d’un centre de gravité bas
Un combattant de 1,68 mètre possède une stabilité naturelle redoutable. Projeter Volkanovski au sol relève de l’exploit, comme en témoignent ses statistiques défensives en lutte. Son centre de gravité abaissé lui permet de générer une poussée phénoménale lors des projections, compensant largement son manque de levier comparé aux adversaires plus grands.
Cette compacité offre également une explosivité décuplée sur les changements de niveau. Quand Volkanovski plonge pour un double-leg takedown, la distance à parcourir se réduit considérablement. Ses adversaires disposent de quelques millisecondes de moins pour réagir, un avantage microscopique qui fait toute la différence au plus haut niveau du MMA.
Défensivement, frapper un combattant de petite taille oblige à ajuster constamment les angles. Les high kicks deviennent plus complexes à placer proprement, tandis que les directs doivent descendre davantage pour atteindre la tête. Cette adaptation permanente fatigue mentalement les adversaires qui perdent leurs repères habituels.
L’allonge exceptionnelle : 182 centimètres de portée
Voici le secret le mieux gardé de Volkanovski : son allonge de 182 centimètres surpasse celle de nombreux combattants bien plus grands. Pour référence, Max Holloway culmine à 1,80 mètre mais ne possède « que » 179 centimètres d’allonge. L’Australien bénéficie donc de 3 centimètres de portée supplémentaire malgré 12 centimètres de moins en taille.
Cette caractéristique anatomique bouleverse les équations tactiques. Volkanovski frappe de plus loin qu’anticipé, surprenant constamment ses opposants. Ses longs bras lui permettent également d’exceller en clinch, multipliant les coups de coude dévastateurs tout en maintenant une distance sécuritaire. Un paradoxe physique qui rend son jeu imprévisible.
Au sol, cette allonge facilite les tentatives de soumission. Ses bras atteignent des positions improbables pour un gabarit compact, verrouillant des étranglements que ses adversaires ne voient jamais venir. Un atout supplémentaire dans l’arsenal déjà bien fourni du champion australien.
Stratégies d’adaptation face aux grands gabarits
Contre des colosses comme Max Holloway, Volkanovski ajuste méthodiquement son plan de bataille. Le travail au corps devient prioritaire, visant le foie et les côtes flottantes pour ralentir progressivement ces adversaires aux membres interminables. Chaque low kick entame leur mobilité, réduisant l’écart de taille au fil des reprises.
Le clinch représente sa zone de prédilection face aux grands. Collé contre son adversaire, Volkanovski annule l’avantage d’allonge tout en maximisant sa puissance de frappe courte. Ses coups de coude ravagent les arcades sourcilières, tandis que ses genoux martèlent les cuisses et le corps. Un combat de tranchées où sa densité musculaire fait des ravages.
La gestion des distances illustre parfaitement son intelligence tactique. Volkanovski alterne entre pocket boxing rapproché et contre-attaques à mi-distance, refusant obstinément de laisser ses adversaires s’installer dans leur zone de confort. Cette mobilité constante, héritée de ses années de lutte et de kickboxing, compense brillamment tout désavantage physique.
Préparation physique et gestion du poids chez Volkanovski

Un entraînement d’élite réparti sur trois continents
Le Freestyle Fighting Gym de Wollongong constitue le camp de base de Volkanovski. C’est là que tout commence, dans cette salle australienne où il a fait ses premières armes en MMA. Son coach historique Joe Lopez supervise l’essentiel de sa préparation technique, peaufinant les détails qui font la différence au sommet.
Direction ensuite Auckland et le mythique City Kickboxing d’Eugene Bareman. Dans cette forge à champions, Volkanovski côtoie Israel Adesanya, Dan Hooker et Kai Kara-France. Les sparrings atteignent une intensité rarement égalée ailleurs, simulant la pression des combats de championnat. Bareman apporte sa vision stratégique incomparable, décortiquant chaque adversaire avec une précision chirurgicale.
Les stages en Thaïlande complètent ce dispositif international. Tiger Muay Thai et Bangtao Muay Thai & MMA de Phuket offrent l’environnement parfait pour affûter le striking. Volkanovski y enchaîne les rounds de pads, affine ses combinaisons et travaille son cardio sous la chaleur tropicale. Un triptyque géographique qui forge un combattant complet.
Nutrition et protocole de coupe de poids
Maintenir 66 kilogrammes de muscle sec exige une discipline alimentaire de tous les instants. Volkanovski travaille avec des nutritionnistes spécialisés dans le sport de haut niveau, calibrant chaque macronutriment pour optimiser performances et récupération. Protéines maigres, glucides complexes et lipides essentiels composent son alimentation quotidienne.
La coupe de poids débute généralement 8 semaines avant un combat. L’Australien réduit progressivement son apport calorique tout en maintenant l’intensité des entraînements. Cette approche graduée évite les chocs métaboliques qui affaiblissent tant de combattants lors de descentes trop brutales. Son métabolisme s’adapte lentement, préservant énergie et lucidité.
La semaine précédant la pesée, Volkanovski perd les derniers kilogrammes d’eau. Contrairement aux méthodes extrêmes employées par certains, son protocole demeure mesuré. Sauna progressif, réduction sodique contrôlée et manipulation hydrique permettent d’atteindre les 66 kilos sans compromettre sa santé. Dès la pesée validée, la réhydratation commence immédiatement sous supervision médicale.
La force héritée du rugby à XIII
Cette puissance qui surprend chaque adversaire trouve ses racines dans les années de rugby professionnel. Les plaquages violents, les mêlées brutales et les sprints explosifs ont sculpté une musculature dense et résiliente. Volkanovski a conservé cet héritage physique tout en perdant 30 kilogrammes, un exploit biomécanique remarquable.
Son programme de musculation privilégie les mouvements fonctionnels : squats olympiques, deadlifts, développés couchés et tractions lestées. Pas de machines sophistiquées, juste des poids libres qui développent coordination et stabilité. Cette approche old school forge une force brute directement transférable dans l’octogone.
Le cardio reste cependant la priorité absolue. Courses matinales, vélo stationnaire et rounds de sac lourds maintiennent son endurance légendaire. Volkanovski termine ses combats aussi frais qu’il les commence, phénomène rare chez les poids plumes où l’intensité épuise rapidement les réserves. Cette condition physique exceptionnelle compense largement tout désavantage lié à sa taille.
Impact du gabarit sur le palmarès UFC

Les chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Le bilan de Volkanovski à l’UFC affiche 13 victoires pour seulement 3 défaites. Parmi ces succès, 5 knockouts démontrent une puissance de frappe surprenante pour un combattant de 1,68 mètre. Ses poings dévastateurs ont endormi Chad Mendes, Yusuke Kasuya et Jeremy Kennedy, trois adversaires techniquement redoutables.
Les victoires par décision unanime dominent son palmarès : José Aldo, Max Holloway (trois fois), Brian Ortega et Diego Lopes ont tous subi la loi de l’Australien sur cinq reprises complètes. Cette capacité à maintenir un rythme infernal pendant 25 minutes témoigne d’une condition physique hors norme et d’une gestion tactique parfaite.
Ses trois défaites surviennent toutes contre des adversaires de la catégorie supérieure ou dans des circonstances particulières. Islam Makhachev le domine deux fois en poids légers, tandis qu’Ilia Topuria le surprend avec un KO brutal à l’UFC 298. Même dans la défaite, Volkanovski démontre un courage admirable en affrontant systématiquement les meilleurs.
Analyse des combats contre Max Holloway
La trilogie face à Max Holloway restera gravée dans l’histoire du MMA. Trois combats, trois victoires pour Volkanovski malgré 12 centimètres de différence de taille. Le premier affrontement à l’UFC 245 voit l’Australien imposer un rythme étouffant, multipliant les takedowns et le travail au corps pour neutraliser l’allonge d’Holloway.
La revanche à l’UFC 251 génère la controverse. Décision partagée en faveur de Volkanovski, beaucoup estiment Holloway vainqueur. La vérité se situe probablement entre les deux : un combat d’une rare intensité où chaque round aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre. La gestion des distances par l’Australien fait néanmoins la différence sur la durée.
Le troisième épisode à l’UFC 276 clôt définitivement le débat. Volkanovski domine de la première à la dernière seconde, prouvant sa supériorité indiscutable sur Holloway. Son jab trouve constamment la cible, ses low kicks handicapent la mobilité de l’Hawaïen et ses esquives rendent les contres impossibles. Un masterclass tactique qui efface toute polémique résiduelle.
Le règne en poids plumes et la reconquête du titre
Champion des poids plumes de décembre 2019 à février 2024, Volkanovski accumule les défenses historiques. Brian Ortega survit miraculeusement à deux tentatives de finition, Jung Chan-sung s’effondre sous les coups au quatrième round et Yair Rodríguez ne résiste que trois reprises. Un règne dominateur rarement égalé dans l’histoire récente de la division.
La perte du titre face à Ilia Topuria en février 2024 choque le monde du MMA. KO brutal à la deuxième reprise, une première pour l’invincible Australien en poids plumes. Cette défaite soulève des questions légitimes : le combat express contre Makhachev trois mois plus tôt a-t-il laissé des séquelles ? L’enchaînement de cinq combats en 14 mois a-t-il érodé sa résistance ?
La réponse arrive en avril 2025 face à Diego Lopes. Volkanovski livre une performance magistrale, récupérant son titre par décision unanime. Il devient ainsi le premier combattant UFC à reconquérir deux fois la ceinture des poids plumes. Un exploit qui cimente définitivement son statut de légende vivante et prouve que son gabarit compact ne constitue aucunement un handicap à ce niveau d’excellence.
Comparaison avec les légendes du MMA de petite taille

Demetrious Johnson : le roi des poids mouches
Demetrious « Mighty Mouse » Johnson mesure 1,60 mètre, huit centimètres de moins que Volkanovski. Pourtant, ce phénomène américain domine la catégorie des poids mouches (57 kg) pendant des années avec 11 défenses de titre consécutives. Sa vitesse fulgurante et sa technique parfaite compensent largement son gabarit réduit.
Johnson possède une allonge de 168 centimètres, soit 8 centimètres de plus que sa taille. Un ratio similaire à celui de Volkanovski, confirmant l’importance de cette caractéristique chez les petits combattants d’élite. Les deux partagent également une base solide en lutte, discipline qui s’accommode parfaitement des centres de gravité abaissés.
L’Américain a prouvé qu’un combattant de 1,60 mètre pouvait atteindre le sommet absolu du MMA. Son héritage inspire directement la génération Volkanovski, démontrant que talent et travail effacent toute considération morphologique. Deux légendes unies par leur refus d’accepter les limitations présumées de leur physique.
José Aldo et l’école brésilienne
À 1,70 mètre, José Aldo domine les poids plumes pendant une décennie avant l’arrivée de Volkanovski. Le Brésilien compense sa taille modeste par une explosivité dévastatrice et des low kicks légendaires qui ont brisé d’innombrables tibias adverses. Son règne établit les standards de la division pour les années à venir.
La confrontation entre Aldo et Volkanovski à l’UFC 237 oppose deux philosophies. Le vétéran brésilien mise sur l’expérience et la puissance pure, tandis que l’Australien déploie un volume impressionnant et une pression constante. Victoire par décision unanime pour Volkanovski, passant symboliquement le flambeau entre deux générations de champions compacts.
Aldo mesurait également moins que la moyenne de sa catégorie, démontrant qu’un physique ramassé offre des avantages considérables en MMA. Sa capacité à générer une puissance explosive sur de courtes distances inspire directement le style de Volkanovski. Deux combattants qui transforment leur prétendu handicap en arme tactique redoutable.
Henry Cejudo : le « King of Cringe » et double champion
Henry Cejudo culmine à 1,63 mètre, le plaçant parmi les plus petits champions de l’histoire UFC. Ce médaillé d’or olympique en lutte remporte pourtant les titres poids mouches et poids coqs, accomplissant l’exploit rare de devenir double champion simultané. Sa base en lutte gréco-romaine, comme Volkanovski, forge la fondation de son succès.
L’Américain prouve qu’un combattant de moins de 1,65 mètre peut dominer non pas une mais deux catégories de poids. Son explosivité légendaire sur les changements de niveau compense tout désavantage d’allonge. Les takedowns de Cejudo demeurent parmi les plus irrésistibles jamais vus à l’UFC, étouffant méthodiquement des adversaires plus grands.
La comparaison avec Volkanovski révèle des parallèles fascinants. Tous deux champions olympiques juniors en lutte, tous deux reconvertis tardivement au MMA, tous deux bâtis sur des physiques compacts et denses. Deux trajectoires qui démolissent définitivement le mythe selon lequel les petits gabarits ne peuvent atteindre le sommet absolu des sports de combat.
Quentin, 27 ans, passionné par les sports de MMA. Suivez mon aventure au coeur de tous les combats MMA !



