Il est partout, sauf là où on l’attend le plus. Arman Tsarukyan enchaîne les victoires en lutte hors UFC depuis des mois, mais l’Arménien n’a plus qu’une idée en tête : retrouver l’octogone, et surtout décrocher enfin ce titre des poids légers qui lui échappe depuis trop longtemps. Ce week-end au RAF 9 à Arlington, après une nouvelle victoire expéditive face à Keelon Jimison, il a donné ses projections les plus précises à ce jour sur son prochain combat à l’UFC.
Un retour en septembre, octobre ou fin d’année

En zone mixte, Tsarukyan a été direct. Il attend un seul événement pour que la machine se remette en marche : le résultat du main event de l’UFC Freedom 250, prévu le 14 juin à la Maison Blanche entre Ilia Topuria et Justin Gaethje. C’est cette nuit-là qui dessinera le calendrier de toute la division.
Ses mots sont clairs et posés, comme ceux d’un homme qui a appris à gérer l’attente : « J’attends le résultat de la Maison Blanche, leur combat, et ensuite ils vont annoncer mon prochain combat, probablement en septembre, octobre ou fin d’année. Ça dépend de qui va gagner. Si c’est Ilia, probablement fin d’année. Si c’est Gaethje, probablement septembre ou octobre. » Une timeline précise, une logique implacable, et la patience d’un combattant qui sait exactement où il se situe dans la hiérarchie.
Tsarukyan veut Topuria, et il explique pourquoi
Interrogé sur son pronostic pour le choc de la Maison Blanche, l’Arménien n’a pas hésité à afficher sa préférence, tout en reconnaissant la valeur de Gaethje : « Ilia Topuria. Je veux me battre contre Ilia Topuria. Je pense qu’Ilia va gagner. Mais Justin est un OG et on ne sait jamais. » Il a même évoqué la capacité de Gaethje à déjouer les pronostics, comme lors de ses victoires récentes face à Fiziev ou Pimblett. Son pronostic : 60-40 en faveur de Topuria.
Ce que Tsarukyan veut, c’est clairement un duel avec l’homme au bandana géorgien. Et sa logique dépasse le simple désir de revanche ou de titre : battre Topuria, c’est battre le champion qui a tout défié. Battre Gaethje, c’est affronter un guerrier respecté, mais à la trajectoire descendante. Le prestige maximal passe par Topuria, et Tsarukyan le sait pertinemment.
Son analyse sur une possible montée de Topuria en welters
La question de l’avenir d’Ilia Topuria au-delà des légers agite tout le monde dans la division. Tsarukyan a livré une analyse froide et tranchante sur une éventuelle montée du Géorgien en poids welters après UFC Freedom 250 : « Si l’UFC le laisse monter, il va monter. C’est mieux pour lui de se battre contre Islam que contre moi, parce que c’est un troisième titre, beaucoup d’argent, et s’il perd contre Islam c’est ok. Il monte deux catégories et entre dans le pound-for-pound. Mais s’il perd contre moi en lightweight, c’est fini pour lui. »
Ce genre de déclaration, c’est du Tsarukyan pur : une confiance absolue dans sa capacité à battre Topuria, habillée d’une logique business que l’on n’attendrait pas forcément d’un combattant. Il décortique les enjeux de carrière de son adversaire potentiel avec une lucidité qui force le respect, et envoie au passage un message subliminalement dévastateur : affronter Tsarukyan, c’est risquer de tout perdre dans la catégorie reine.
Cinq victoires consécutives en lutte et un backup officiel

En attendant son retour dans l’octogone UFC, Tsarukyan ne chôme pas. Sa victoire au RAF 9 face à Jimison constitue sa cinquième victoire consécutive dans l’organisation de lutte Real American Freestyle. Une série qui illustre à la fois son talent de grappleur d’exception et sa volonté farouche de rester compétitif, actif et affûté pendant la longue période d’attente imposée par les aléas du calendrier UFC.
L’Arménien est par ailleurs officialisé comme le backup du main event Topuria vs Gaethje le 14 juin. Si l’un des deux combattants venait à se blesser avant ou pendant la semaine du combat, Tsarukyan serait prêt à entrer. Une position stratégique qui l’oblige à maintenir un régime et une préparation d’athlète de haut niveau, sans la certitude de combattre. La plus ingrate des positions en sport de haut niveau, mais celle qui prouve qu’il est reconnu comme le challenger légitime numéro un de la division.
Covington dans le viseur au RAF 11
Avant son grand retour à l’UFC, Tsarukyan a encore un rendez-vous marqué en rouge dans son calendrier. Le 18 juillet, il affrontera Colby Covington, fraîchement retraité de l’UFC, en main event du RAF 11 en cruiserweight. Un nom connu du grand public, une affiche médiatique, et un combat qui pourrait générer une attention considérable autour de sa personne avant le grand retour officiel sous la bannière UFC. Covington est certes en fin de carrière, mais son bagage promotionnel garantit une exposition maximale.
L’homme le plus frustrant de la division lightweight
La trajectoire d’Arman Tsarukyan depuis deux ans est un cas d’école de la frustration sportive. Une blessure qui lui a coûté un combat pour le titre face à Islam Makhachev à l’UFC 311. Un classement de numéro 2 mondial qui ne se traduit pas encore en opportunité directe. Une période sans combat UFC qui s’éternise. Pourtant, aucune amertume visible dans ses déclarations, aucun conflit public avec la direction, juste une détermination tranquille et une conviction profonde : son heure va venir.
Que Topuria gagne ou que Gaethje crée la surprise le 14 juin, Tsarukyan sera l’enjeu principal des négociations qui suivront dans la division des poids légers. Deux scénarios différents, deux calendriers distincts, mais une seule certitude : l’Arménien sera bien là, prêt, et probablement plus dangereux que jamais après cette longue période de maturation hors octogone.
Quentin, 27 ans, passionné par les sports de MMA. Suivez mon aventure au coeur de tous les combats MMA !



