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Qui est le plus gros sumo du monde ? Portrait d’Orora Satoshi

Dans l’univers fascinant du sumo, discipline millénaire japonaise où la masse corporelle joue un rôle stratégique majeur, un nom résonne comme celui du colosse absolu : Orora Satoshi. Ce rikishi d’origine russe détient le record historique du sumotori le plus lourd ayant jamais participé à une compétition professionnelle, avec un poids culminant à 292 kilogrammes. Mais derrière ce chiffre impressionnant se cache une carrière atypique, des sacrifices extrêmes et une transformation radicale après sa retraite. Découvrez l’histoire extraordinaire du plus gros sumo du monde.

Orora Satoshi : le record absolu de poids dans l’histoire du sumo

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Un physique hors normes au sommet de sa carrière

Orora Satoshi, né Anatoliy Valeryevich Mikhahanov, est entré dans l’histoire du sumo en établissant un record qui n’a jamais été égalé : 292 kilogrammes. Ce poids colossal, atteint au sommet de sa carrière professionnelle, fait de lui le combattant le plus massif à avoir jamais foulé le dohyō, le cercle sacré où se déroulent les combats de sumo.

Pour mettre ce chiffre en perspective, Orora Satoshi pesait autant que :

  • Quatre combattants UFC de poids moyen réunis
  • Plus de deux fois le poids de Francis Ngannou (120 kg), champion des lourds à l’UFC
  • L’équivalent de trois judokas olympiques comme Teddy Riner

Cette masse corporelle extraordinaire représentait à la fois un avantage tactique évident et un défi physiologique majeur. Dans le sumo, le poids constitue un élément stratégique fondamental, permettant de déstabiliser l’adversaire et de résister aux poussées. Toutefois, comme nous le verrons, le poids seul ne garantit pas la victoire.

Le classement des sumotoris les plus lourds de l’histoire

Orora Satoshi domine le podium des rikishis les plus massifs, mais il n’est pas seul à avoir atteint des mensurations exceptionnelles. Voici le classement des trois sumotoris les plus lourds ayant participé à des compétitions professionnelles :

RangNomPoids maximalNationalitéPériode d’activité
1Orora Satoshi292 kgRusse2000-2018
2Konishiki Yasokichi287 kgAméricain (Hawaïen)1982-1997
3Ryūichi Yamamoto277 kgJaponais1992-2011

Konishiki Yasokichi, surnommé « Dump Truck » (camion-benne), fut le premier sumotori non-japonais à atteindre le rang d’ōzeki, le deuxième plus haut grade du sumo professionnel. Avec ses 287 kilogrammes, il a longtemps détenu le record de poids avant qu’Orora Satoshi ne le détrône de cinq kilos.

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Ryūichi Yamamoto, également connu sous son nom de combat Yamamotoyama Ryūta, complète le podium avec 277 kilogrammes. Ce sumotori japonais a marqué les esprits par sa silhouette imposante et sa technique remarquable malgré sa masse.

Le premier Russe à briller dans le sumo professionnel

Au-delà de son record de poids, Orora Satoshi occupe une place unique dans l’histoire du sumo comme premier rikishi russe à avoir participé aux compétitions professionnelles au Japon. Son véritable nom, Anatoliy Valeryevich Mikhahanov, témoigne de ses origines slaves, une rareté dans un sport traditionnellement dominé par les Japonais.

Cette ouverture internationale du sumo s’est accélérée depuis les années 1990, avec l’arrivée de combattants mongols, géorgiens, bulgares et européens. Orora Satoshi a tracé la voie pour d’autres athlètes russes, prouvant que la discipline millénaire japonaise pouvait accueillir des talents venus du monde entier.

Son parcours illustre également les défis d’adaptation culturelle et linguistique auxquels font face les rikishis étrangers. Intégrer une écurie de sumo (heya) signifie adopter un mode de vie rigoureusement codifié, respecter des traditions ancestrales et maîtriser la langue japonaise. Orora Satoshi a relevé ces défis pendant près de deux décennies.

Une carrière de 18 ans et plus de 750 combats

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Un bilan en demi-teinte malgré l’avantage du poids

Actif de 2000 à 2018, Orora Satoshi a disputé une carrière exceptionnellement longue dans le monde du sumo professionnel. Sur l’ensemble de sa carrière, le géant russe a participé à plus de 750 combats officiels, accumulant un bilan de 376 victoires pour 382 défaites.

Ce ratio presque équilibré (49,7% de victoires) révèle un paradoxe fascinant : malgré son avantage de poids systématique sur tous ses adversaires, Orora Satoshi n’a jamais dominé sa discipline. Cette statistique démontre une vérité fondamentale du sumo : le poids ne fait pas tout.

Dans le sumo, plusieurs éléments déterminent l’issue d’un combat :

  • La technique : maîtrise des 82 kimarite (techniques gagnantes officielles)
  • L’équilibre : capacité à rester stable malgré les assauts
  • La stratégie : anticipation des mouvements adverses
  • L’agilité : rapidité d’exécution malgré la masse corporelle
  • La force explosive : puissance de poussée au tachiai (charge initiale)

Orora Satoshi, bien qu’imposant, n’excellait pas nécessairement dans ces domaines techniques. Son poids, s’il lui conférait une certaine inertie difficile à déplacer, limitait également sa mobilité et sa capacité à exécuter certaines techniques nécessitant agilité et souplesse.

Les limites de la masse sans la maîtrise technique

Le parcours d’Orora Satoshi contraste fortement avec celui d’autres sumotoris massifs mais techniquement supérieurs. Prenons l’exemple de Konishiki Yasokichi : avec seulement 5 kilogrammes de moins, il a atteint le rang d’ōzeki, le deuxième échelon de la hiérarchie du sumo, juste en dessous du yokozuna (grand champion).

Cette différence de réussite s’explique par la supériorité technique de Konishiki. Le Hawaien maîtrisait parfaitement les techniques de projection (nage-waza) et les prises de ceinture (mawashi), compensant ainsi les rares adversaires qui le dépassaient en poids. Il combinait masse et agilité, un équilibre rarissime.

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Orora Satoshi, selon les observateurs de l’époque, peinait davantage à exploiter pleinement son poids. Ses adversaires, souvent plus légers mais techniquement supérieurs, parvenaient à le déséquilibrer en utilisant son propre poids contre lui, technique classique du sumo appelée utchari (renversement au bord du cercle).

Une présence marquante dans les divisions inférieures

Bien qu’il n’ait jamais atteint les divisions d’élite du sumo professionnel (makuuchi et jūryō), Orora Satoshi est resté une figure populaire des divisions inférieures (makushita, sandanme, jonidan et jonokuchi). Sa silhouette reconnaissable entre toutes attirait les regards et la curiosité du public lors des tournois.

Les tournois de sumo (honbasho) se déroulent six fois par an à travers le Japon. Chaque tournoi compte 15 jours de compétition, pendant lesquels les rikishis s’affrontent quotidiennement. Avec plus de 750 combats sur 18 ans, Orora Satoshi a participé à environ 50 tournois complets, démontrant une régularité et une endurance remarquables compte tenu de sa masse corporelle.

Cette longévité dans un sport aussi exigeant physiquement témoigne d’une détermination exceptionnelle. Chaque combat représente un effort cardiovasculaire intense, une pression extrême sur les articulations et un risque de blessure constant. Maintenir une carrière de presque deux décennies à 292 kilogrammes relève de l’exploit physiologique.

Le prix de la performance : 10 000 calories par jour

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Un régime alimentaire extrême pour atteindre 292 kilos

Atteindre et maintenir un poids de 292 kilogrammes nécessite un régime alimentaire absolument hors norme. Selon les révélations d’Orora Satoshi lui-même, il ingérait jusqu’à 10 000 calories par jour durant ses années de compétition, soit environ cinq fois les besoins caloriques d’un homme adulte moyen.

Pour mettre ce chiffre en perspective :

  • L’apport calorique quotidien recommandé pour un homme adulte est d’environ 2 000 à 2 500 calories
  • Un athlète d’endurance comme un marathonien consomme environ 3 500 à 4 500 calories par jour
  • Michael Phelps, nageur olympique, consommait environ 8 000 à 10 000 calories pendant ses entraînements intensifs

Orora Satoshi se situait donc au niveau des athlètes ayant les besoins énergétiques les plus élevés au monde, mais contrairement aux nageurs ou coureurs, son objectif n’était pas de brûler ces calories mais de les stocker sous forme de masse corporelle.

Le chanko-nabe : pilier de l’alimentation des sumotoris

L’alimentation traditionnelle des sumotoris repose principalement sur le chanko-nabe, un ragoût hypercalorique riche en protéines. Ce plat emblématique des écuries de sumo contient généralement :

  • Des viandes variées (poulet, porc, bœuf)
  • Des fruits de mer (crevettes, poisson, fruits de mer)
  • Des légumes (chou chinois, carottes, champignons, poireaux)
  • Du tofu et des dérivés de soja
  • Des nouilles udon ou ramen
  • Un bouillon riche (miso, soja, dashi)

Les sumotoris consomment le chanko-nabe en quantités massives, souvent accompagné de plusieurs bols de riz blanc, lui-même extrêmement calorique. Un bol de chanko-nabe peut facilement contenir 1 500 à 2 000 calories, et les rikishis en consomment plusieurs par repas.

La journée alimentaire type d’un sumotori de haut niveau comme Orora Satoshi comportait généralement :

  • Pas de petit-déjeuner (jeûne matinal pour ralentir le métabolisme)
  • Un entraînement intensif à jeun (4 à 5 heures)
  • Un déjeuner gargantuesque de chanko-nabe (3 000 à 4 000 calories)
  • Une sieste digestive obligatoire (favorisant le stockage des graisses)
  • Un dîner tout aussi copieux (3 000 à 4 000 calories)
  • Des collations nocturnes (2 000 à 3 000 calories)
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Les risques sanitaires d’un tel régime

Cette alimentation extrême, bien qu’efficace pour atteindre le poids souhaité, comportait des risques sanitaires considérables qu’Orora Satoshi a lui-même reconnus après sa retraite. Les complications médicales associées à un tel régime incluent :

Risques cardiovasculaires : hypertension artérielle, cholestérol élevé, risque accru d’infarctus et d’AVC. Le cœur d’un sumotori de 292 kilogrammes doit pomper le sang à travers un réseau vasculaire considérablement étendu, créant une surcharge cardiaque permanente.

Diabète de type 2 : l’ingestion massive de glucides (riz, nouilles) provoque des pics glycémiques répétés, épuisant progressivement le pancréas et développant une résistance à l’insuline.

Apnée du sommeil : l’accumulation de graisse autour du cou et de la gorge obstrue les voies respiratoires pendant le sommeil, réduisant l’oxygénation du sang et augmentant la fatigue chronique.

Problèmes articulaires : les genoux, hanches et chevilles supportent une charge mécanique extrême à chaque mouvement. L’arthrose précoce est pratiquement inévitable chez les sumotoris super-lourds.

Stéatose hépatique : le foie accumule des graisses excessives, pouvant évoluer vers une cirrhose non-alcoolique.

Orora Satoshi a confié dans une interview à l’Asahi Shimbun : « Il n’est jamais facile de rester en bonne santé tant que vous vivez la vie d’un sumotori. » Cette phrase résume tragiquement le sacrifice sanitaire qu’implique la poursuite de la performance dans le sumo de haut niveau.

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La transformation spectaculaire après la retraite

Plus de 100 kilos perdus en deux ans

Après avoir raccroché le mawashi (ceinture de combat) en 2018, Orora Satoshi a entrepris une transformation physique spectaculaire. En seulement deux ans, entre 2018 et 2020, l’ancien sumotori a perdu plus de 100 kilogrammes, passant de 292 kilos à environ 188 kilos.

Cette perte de poids représente :

  • Plus de 34% de sa masse corporelle totale
  • L’équivalent du poids d’un homme adulte moyen
  • Une réduction de 52 kilogrammes par an en moyenne
  • Environ 4,3 kilogrammes perdus par mois

Un tel amaigrissement nécessite un changement radical de mode de vie touchant tous les aspects du quotidien. Pour un ancien sumotori habitué pendant 18 ans à consommer 10 000 calories quotidiennes et à maintenir une masse colossale, cette transition représente un défi psychologique et physiologique immense.

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