Devenu champion du monde WBC des super-moyens à part entière en janvier 2026, Christian Mbilli n’a pas encore défendu sa ceinture. Mais les choses s’accélèrent. Selon les informations de L’Équipe, le Français invaincu est en pourparlers avancés avec le camp de Canelo Alvarez pour un combat prévu en septembre 2026 à Riyad. Une première défense de titre qui, si elle se concrétise, propulserait Mbilli au centre de la scène mondiale de la boxe.
Comment Mbilli est devenu champion du monde WBC

Pour comprendre pourquoi le prochain combat de Christian Mbilli suscite autant d’attentes, il faut revenir sur les circonstances inhabituelles qui l’ont mené au sommet de la hiérarchie WBC. Le parcours vers la ceinture verte a été jalonné de rebondissements, et c’est en partie grâce au désistement d’un rival que le Français est devenu champion à part entière.
Mbilli détenait depuis plusieurs mois le statut de champion WBC par intérim des super-moyens. La logique voulait qu’il affronte l’Anglais Hamza Sheeraz pour le titre vacant, devenu disponible après la perte des quatre ceintures (WBA, WBC, WBO et IBF) de Canelo Alvarez face à Terence Crawford le 13 septembre 2025 à Las Vegas. Mais Sheeraz a préféré se tourner vers un combat pour la ceinture WBO vacante, face au modeste Allemand Alem Begic, un adversaire jugé bien moins dangereux que Mbilli.
Ce choix a eu pour conséquence directe l’élévation de Mbilli au rang de champion WBC à part entière, sans avoir à combattre pour le titre vacant. Le Français a accueilli cette situation avec un mélange de fierté et de frustration : « C’est sûr que j’ai été un peu frustré qu’il refuse de m’affronter, mais je ne peux pas lui en vouloir. Il avait deux opportunités de devenir champion du monde. C’est normal qu’il choisisse la plus facile, la moins dangereuse, celle où il prendra le moins de coups. C’est mieux pour la suite de sa carrière. Moi, je cherche à affronter de grands noms et j’aurais aimé l’avoir à mon palmarès. »
Cette déclaration en dit long sur l’état d’esprit de Mbilli. Le champion ne veut pas de combats faciles. Il veut les plus grands noms, les plus grands défis. Et le plus grand nom disponible dans sa catégorie s’appelle Canelo Alvarez.
Canelo Alvarez, le challenger le plus prestigieux au monde
La situation est pour le moins paradoxale. Canelo Alvarez, considéré pendant une décennie comme le meilleur boxeur pound-for-pound de la planète, se retrouve dans la position de challenger face à Christian Mbilli. Mais cette configuration ne diminue en rien le prestige de l’affrontement, bien au contraire.
Après sa défaite par décision unanime face à Crawford, Alvarez a subi une opération du coude gauche qui l’a éloigné des rings pendant près d’un an. Sous contrat avec Riyadh Season, il a annoncé son retour pour septembre 2026 dans le cadre d’un événement baptisé « Mexique vs le Monde », le premier organisé par sa nouvelle structure, Canelo Promotions. Le promoteur saoudien Turki Alalshikh a précisé que le combat principal sera un championnat du monde.
Alvarez est actuellement challenger numéro 1 en WBA, WBC et WBO, et numéro 3 en IBF. Son attachement historique à la ceinture WBC, fédération présidée par son compatriote mexicain Mauricio Sulaiman et dont il a été champion dans trois catégories (super-welters, moyens et super-moyens), oriente naturellement son choix vers la ceinture détenue par Mbilli.
Les alternatives sont d’ailleurs peu séduisantes. Le champion WBA des super-moyens est le Mexicain José Armando Resendiz, un boxeur peu connu qui n’attirerait ni le public ni les investisseurs saoudiens pour un événement de cette envergure. Les ceintures IBF et WBO sont vacantes, ce qui priverait le combat de la dimension « champion contre champion » que recherchent Canelo Promotions et Riyadh Season. La revanche contre Crawford est quant à elle compromise depuis que l’Américain a annoncé sa retraite le 16 décembre 2025.
Tout converge vers Mbilli comme l’adversaire le plus logique et le plus attractif pour le retour de Canelo.
Des pourparlers en cours entre les deux camps
Les négociations entre les deux parties sont bien réelles et semblent avancer dans la bonne direction. Mbilli l’a confirmé directement à L’Équipe : « Actuellement, mon équipe d’Eye of the Tiger et Turki Alalshikh sont en pourparlers pour savoir si notre championnat est potentiellement faisable avant la fin de l’année. Je fais partie des noms qui l’intéressent. »
Ce qui rend ces pourparlers particulièrement crédibles, c’est la rencontre physique qui a eu lieu fin janvier 2026 à New York entre les principaux acteurs du dossier. Mbilli et son promoteur canadien Camille Estephan, fondateur d’Eye of the Tiger, ont été invités par le magazine The Ring (propriété de Riyadh Season) à deux événements majeurs sur un week-end.
Le vendredi soir, lors de la cérémonie annuelle de remise des prix de The Ring, Mbilli a rencontré Alvarez pour la première fois en personne. L’échange a manifestement marqué le Français : « Je l’avais déjà vu de loin, mais c’est la première fois que je lui ai serré la main. J’ai été assez surpris qu’il vienne vers moi. Il m’a dit : « How are you, champ’? » Il est très humble. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi humble. Il n’a pas la grosse tête. »
Le lendemain, au Madison Square Garden, Mbilli et Estephan étaient aux côtés de Turki Alalshikh pour assister au championnat WBO des super-légers entre Shakur Stevenson et Teofimo Lopez. Ce week-end new-yorkais a visiblement représenté un tournant pour Mbilli, tant sur le plan des négociations que sur celui de la reconnaissance mondiale : « Ces deux soirées, au milieu de tous ces champions actuels et passés, ça a été un rêve éveillé. J’ai toujours voulu en faire partie. Je suis très fier. Ça a été des moments inoubliables. »
La présence simultanée de Mbilli, Estephan, Alalshikh et Alvarez dans un même lieu, à quelques jours de la publication de l’information par L’Équipe, suggère fortement que les discussions sont bien avancées et que les parties sont proches d’un accord.
Le profil de Mbilli face à Canelo : une analyse du combat
Si ce combat se concrétise, il opposera deux boxeurs aux profils très différents mais complémentaires en termes de spectacle. Mbilli, 30 ans et mesurant 1,74 m, affiche un palmarès professionnel impressionnant de 29 victoires (dont 24 avant la limite), 1 nul et 0 défaite. Sa puissance de frappe est son atout principal, avec un taux de KO qui dépasse les 80 %, ce qui en fait l’un des frappeurs les plus redoutés de la catégorie.
Le Français s’est fait remarquer du public mondial sur la carte d’Alvarez-Crawford le 13 septembre 2025, en livrant un combat spectaculaire contre le Guatémaltèque Lester Martinez, conclu par un match nul. Cette prestation, malgré l’absence de victoire, a considérablement augmenté sa visibilité internationale et a montré qu’il pouvait tenir sa place sur les plus grandes scènes.
Face à lui, Alvarez (35 ans, 1,71 m, 63 victoires dont 39 avant la limite, 2 nuls, 3 défaites) revient de blessure et d’une défaite nette contre Crawford. La question centrale sera de savoir quel Canelo se présentera à Riyad : celui qui a dominé la catégorie pendant des années ou celui qui a montré des signes de déclin face à Crawford. L’opération du coude gauche et l’année d’inactivité ajoutent des inconnues supplémentaires à l’équation.
Pour Mbilli, le défi est immense mais l’opportunité est unique. Battre Canelo Alvarez, même un Canelo vieillissant, serait la victoire la plus significative de sa carrière et le propulserait instantanément parmi les stars mondiales de la boxe. Une défaite, en revanche, ne serait pas nécessairement catastrophique si elle est compétitive, compte tenu du prestige de l’adversaire.
La préparation de Mbilli entre Montréal, l’Espagne et la France
En attendant la confirmation officielle de son prochain combat, Mbilli gère une période de transition. Il avait entamé une préparation à Montréal avec des sparring-partners de grande taille, sélectionnés pour simuler le gabarit de Hamza Sheeraz (1,91 m), avant que le combat contre l’Anglais ne tombe à l’eau. Un camp d’entraînement en Espagne était également prévu pour fuir le froid canadien.
Mais les plans ont changé avec l’évolution de la situation. Mbilli a indiqué qu’il ne s’éterniserait pas au Québec : « D’ici une dizaine de jours, je vais faire un petit crochet en France. Pour voir ma famille, et rencontrer des médias, maintenant que je suis champion du monde. Et j’attends la date de mon prochain combat pour reprendre l’entraînement. »
Ce passage en France sera aussi l’occasion pour Mbilli de profiter de sa nouvelle stature de champion du monde WBC. Relativement méconnu du grand public français malgré son palmarès exceptionnel, le boxeur formé au Canada pourrait enfin bénéficier de la couverture médiatique qu’il mérite. Un combat contre Canelo, s’il est officialisé, changerait radicalement la donne en termes de notoriété.
Si la préparation pour Canelo se confirme, elle devra être adaptée. Alvarez est plus petit que Sheeraz (1,71 m contre 1,91 m), ce qui change radicalement la dynamique. Le Mexicain est un contre-attaquant de génie, doté d’un jab précis, d’une défense épaule redoutable et d’une capacité à encaisser les coups qui en a fait le cauchemar de nombreux adversaires. Mbilli devra trouver le juste équilibre entre agressivité et prudence, en utilisant sa puissance sans tomber dans les pièges tactiques que Canelo tend à ses adversaires.
Le rôle clé de Turki Alalshikh et de Riyadh Season
L’homme qui tient les clés de ce combat est Turki Alalshikh. Le président de l’Autorité générale du divertissement d’Arabie saoudite, devenu le promoteur le plus influent de la boxe mondiale grâce aux investissements massifs de Riyadh Season, est au centre de toutes les grandes négociations de la discipline. C’est lui qui a organisé Crawford-Alvarez, c’est lui qui a racheté The Ring, et c’est lui qui finance les bourses astronomiques qui attirent les meilleurs boxeurs du monde à Riyad.
Pour l’événement « Mexique vs le Monde » du 12 septembre, Alalshikh et Canelo Promotions cherchent un combat principal spectaculaire et significatif sur le plan sportif. Mbilli coche toutes les cases : il est champion en titre, invaincu, puissant, et son statut de Français ajoute une dimension internationale à la confrontation « Mexique vs le Monde ».
Le fait qu’Alalshikh ait personnellement rencontré Mbilli et Estephan à New York, dans un cadre social et professionnel, montre que le promoteur saoudien prend cette option très au sérieux. Les discussions financières, toujours déterminantes dans les négociations de ce niveau, sont probablement au cœur des pourparlers en cours.
Quentin, 27 ans, passionné par les sports de MMA. Suivez mon aventure au coeur de tous les combats MMA !



