SOMMAIRE
01 · Joaquin Buckley : le KO comme signature, la lutte comme talon d’Achille02 · Mike Malott : le couteau suisse d’Ontario03 · Fiche comparative04 · Les clés du combat05 · Ce qu’en disent les analystes06 · Notre pronostic07 · L’enjeu pour la suitePuissance contre polyvalence : Joaquin Buckley, dos au mur après deux défaites, défie Mike Malott, invaincu depuis quatre combats et soutenu par tout Edmonton. Forces, failles et pronostic.
Il y a des combats qui se lisent dans les chiffres et d’autres qui se lisent dans les regards. Buckley contre Malott appartient aux deux catégories. D’un côté, un frappeur américain qui n’a plus le droit à l’erreur. De l’autre, un Canadien qui ne perd plus et qui va se battre devant une salle acquise à sa cause. Samedi soir, dans la nuit française, le Rogers Place d’Edmonton va tirer une conclusion claire sur l’un des deux.
Mise à jour : verdict rendu à Edmonton, Malott l’a emporté par KO au 2e round. Le récit et l’analyse sont à lire dans nos résultats de l’UFC Edmonton.
Joaquin Buckley : le KO comme signature, la lutte comme talon d’Achille
Le grand public a découvert Joaquin Buckley en octobre 2020 avec un geste qu’on revoit encore aujourd’hui. Impa Kasanganay lui attrape la jambe, Buckley s’appuie dessus, s’envole et lui colle un coup de pied retourné en pleine tête. KO de l’année, vidéo vue des millions de fois, carrière lancée. Mais réduire « New Mansa » à ce moment viral serait injuste.
Le natif de Saint-Louis a construit quelque chose de plus solide en descendant chez les welters. En 2024, il enchaîne Vicente Luque, Nursulton Ruziboev, Stephen Thompson et Colby Covington. Luque par TKO, Thompson par KO, Covington par arrêt médical. Plusieurs médias américains le désignent révélation de l’année. Il entre dans le top 10 et réclame les gros noms.
Il les obtient. Et il apprend. En juin 2025, Kamaru Usman le traîne sur cinq rounds et l’emporte à l’unanimité dans un combat récompensé du bonus de la soirée. En mai dernier, à l’UFC 328, Sean Brady le contrôle de bout en bout. Deux défaites aux points, deux lutteurs d’élite qui ont trouvé la même formule : l’empêcher de poser ses appuis.
Son bilan aujourd’hui : 21 victoires, 8 défaites, 15 KO. Il est gaucher, il frappe fort des deux mains et il repousse en moyenne 70 % des tentatives d’amenée au sol. Le souci, c’est que les 30 % restants lui coûtent cher.
Mike Malott : le couteau suisse d’Ontario
Le parcours de Mike Malott ne ressemble à aucun autre. Champion poids léger d’une organisation régionale en 2017 sur un KO en 36 secondes, il disparaît ensuite des cages pendant trois ans. Pas pour une blessure : pour apprendre. Il obtient sa ceinture noire de jiu-jitsu brésilien et part coacher le striking chez Team Alpha Male, à Sacramento. Quand il revient, il a changé de dimension.
Passé par le Dana White’s Contender Series, il signe à l’UFC après une guillotine au premier round. Depuis, il a montré à peu près toutes les façons de gagner. Six victoires par KO, six par soumission, deux aux points. Sa série actuelle compte quatre succès : Trevin Giles, Charles Radtke en 26 secondes, Kevin Holland aux points, puis Gilbert Burns par TKO au troisième round en avril dernier. Ce dernier combat lui a rapporté un bonus de 100 000 dollars.
Ses deux défaites ont un point commun : elles sont arrivées par KO. Contre Neil Magny, en janvier 2024, il a été arrêté à 4 min 45 du troisième round. Le genre de souvenir qui revient quand on affronte un homme comme Buckley.
Fiche comparative
| Joaquin Buckley | Mike Malott | |
|---|---|---|
| Bilan | 21-8 | 14-2-1 |
| Âge | 32 ans | 34 ans |
| Classement UFC | n°10 des welters | n°13 des welters |
| Victoires par KO | 15 | 6 |
| Victoires par soumission | 0 | 6 |
| Série en cours | 2 défaites | 4 victoires |
| Garde | Gaucher | Droitier |
Les clés du combat
La distance
Tout part de là. Buckley veut être à une distance moyenne, assez près pour lancer sa gauche, assez loin pour ne pas se faire attraper. Malott, plus grand, travaille bien en jab et en coups de pied bas. S’il impose une distance longue, il peut accumuler les points sans prendre de risque.
Le volume
Les statistiques donnent un léger avantage à Malott en volume, avec environ quatre frappes significatives par minute contre un peu plus de trois et demi pour Buckley. L’Américain défend mieux, autour de 59 % de frappes évitées contre 56 % pour le Canadien. Rien d’écrasant, mais sur trois rounds serrés, ces petites marges finissent dans les cartes des juges.
Le sol
C’est là que le combat peut basculer. Malott n’a pas besoin d’enchaîner les amenées au sol comme Usman ou Brady. Il lui suffit d’en réussir une ou deux au bon moment, ou de punir une entrée trop agressive de Buckley avec une guillotine. Ses six soumissions ne sont pas un hasard. Un Buckley qui fonce tête baissée lui offrirait une cible idéale.
Le public
On en parle souvent et on le mesure rarement. Mais Malott a déjà gagné à Edmonton, il a battu Burns à Winnipeg, et il va retrouver une salle entièrement derrière lui. Ça ne donne pas un coup de poing de plus. Ça peut en revanche influencer un round serré dans l’esprit des juges.
Ce qu’en disent les analystes
Le consensus penche légèrement vers le Canadien. Le site Fight Matrix, référence en matière de classements, donne Malott vainqueur aux points avec une confiance faible à modérée, et estime ses chances autour de 53 % contre 47 % pour Buckley. Autrement dit, presque un pile ou face. Le scénario alternatif retenu, sans surprise, c’est Buckley par KO.
Ce qui ressort de la plupart des analyses, c’est cette idée : Malott a plus de façons de gagner, Buckley a la façon de gagner la plus rapide.
Notre pronostic
On s’attend à un premier round tendu, avec un Buckley qui va chercher à s’imposer physiquement très tôt. C’est sa meilleure fenêtre. Il est frais, il est explosif, et Malott aura peut-être un peu d’adrénaline à canaliser devant les siens.
Si le Canadien passe ce cap sans encombre, le combat devrait tourner en sa faveur. Il variera ses attaques, menacera de la lutte pour faire baisser la garde de Buckley, et pourra prendre le dessus dans les échanges les plus longs. On voit Malott l’emporter aux points, ou sur une soumission opportuniste au troisième round si Buckley se découvre en fin de combat.
Mais attention. Contre un frappeur de ce calibre, une seule erreur suffit. Malott l’a appris à ses dépens face à Magny. Si vous cherchez un pari plus audacieux, Buckley par KO dans les deux premiers rounds n’a rien d’une folie.
L’enjeu pour la suite
Pour Buckley, une troisième défaite de suite serait un coup dur. À 32 ans, il sortirait probablement du top 10 et devrait reconstruire face à des adversaires moins exposés. Une victoire, au contraire, le remettrait immédiatement dans la course et effacerait les doutes nés des combats contre Usman et Brady.
Pour Malott, l’équation est simple. Une cinquième victoire consécutive, devant son public, contre un membre du top 10 : le Canadien pourrait alors réclamer un adversaire du top 5. Et le faire avec des arguments.
Rendez-vous dimanche vers 4 h 30, heure française, pour le verdict.



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