SOMMAIRE
01 · Tout part d’une défaite en juin02 · Gane promu, Hokit choisi03 · Le main event qui fâche04 · Cormier dans le viseur05 · Dana White perd patience06 · Ce que dit le règlement sur les coups derrière la tête07 · Une semaine compliquée pour le clan Pereira08 · Et maintenant ?09 · Ce qu’il faut retenirAlex Pereira conteste le main event de l'UFC 334 entre Ciryl Gane et Josh Hokit, accuse les commentateurs et provoque la colère de Dana White. Retour sur une semaine explosive.
Alex Pereira ne parle pas beaucoup. Quand il le fait, ça s’entend jusqu’à Las Vegas. Cette semaine, le Brésilien a ouvert plusieurs fronts à la fois : contre le choix du main event de l’UFC 334, contre Daniel Cormier, et indirectement contre Dana White. Résultat : le patron de l’UFC a sèchement répondu, Cormier est sorti du silence et Michael Bisping s’en est mêlé. Retour sur une polémique qui en dit long sur l’état d’esprit de l’ancien double champion.
Tout part d’une défaite en juin
Pour comprendre la colère de Pereira, il faut revenir au 14 juin dernier. À Washington, sur la soirée spéciale organisée à la Maison-Blanche, il affronte Ciryl Gane pour le titre intérimaire des poids lourds. Le Français l’arrête au deuxième round, par TKO, et repart avec un bonus de performance de la soirée.
Pereira n’a jamais vraiment digéré. Juste après le combat, il a affirmé avoir reçu plusieurs coups illégaux derrière la tête. Il a d’abord ciblé Gane, qu’il a traité de tricheur, puis l’arbitre Herb Dean, à qui il reproche de ne pas être intervenu. Quelques semaines plus tard, il a adouci son discours : l’adrénaline peut faire commettre des erreurs aux combattants, mais c’est à l’arbitre de faire respecter les règles.
Depuis, il réclame une revanche. Il ne l’a pas obtenue.
Gane promu, Hokit choisi
En septembre, la situation a changé chez les lourds. Tom Aspinall, toujours gêné par la blessure à l’œil subie lors de son combat contre Gane en octobre 2025, a laissé sa ceinture vacante. Ciryl Gane a été promu champion incontesté le 14 septembre. Pour sa première défense, l’UFC lui a trouvé un adversaire : Josh Hokit, au Madison Square Garden, le 14 novembre, en tête d’affiche de l’UFC 334.
Hokit n’est pas n’importe qui. Ancien joueur de football américain passé par les San Francisco 49ers, lutteur All-American à Fresno State, il affiche un bilan parfait de 10 victoires en 10 combats. À l’UFC, il a battu Max Gimenis, Denzel Freeman, Curtis Blaydes aux points dans un combat bonus, puis Derrick Lewis par TKO. Ce dernier combat se tenait sur la même soirée que Gane-Pereira.
Pour Pereira, ce choix est la preuve qu’on lui ferme la porte.

Le main event qui fâche
Le Brésilien a d’abord contesté la hiérarchie de la soirée. Selon lui, l’affiche de l’UFC 334 aurait dû être le combat entre Amanda Nunes et Kayla Harrison, programmé sur la même carte. Un choix qui peut se défendre sur le plan de la notoriété, mais qui a fait bondir une partie des observateurs.
Michael Bisping a été l’un des premiers à répondre, sur sa chaîne YouTube. L’ancien champion des moyens a jugé l’argument absurde. Un titre incontesté des poids lourds, défendu par le champion en titre, mérite selon lui la tête d’affiche. Il reconnaît volontiers que Nunes-Harrison est un combat exceptionnel, mais il estime que Pereira est surtout frustré par sa défaite contre Gane et par la polémique sur les coups derrière la tête. Son conseil : passer à autre chose.
Cormier dans le viseur
Pereira est ensuite allé plus loin. Il a laissé entendre que l’UFC avait cherché à orienter l’opinion publique en faveur de Gane-Hokit, avant même l’annonce officielle. Il a cité nommément Daniel Cormier, commentateur vedette de l’organisation, qui aurait soutenu ce choix. Il a aussi rapporté une conversation où Cormier lui aurait dit qu’une victoire contre Gane ne ferait pas automatiquement de lui un champion légitime.
Cormier a répondu dans une vidéo. Il nie avoir reçu la moindre consigne de l’UFC. Il rappelle son amitié avec Pereira, qu’il considère comme l’un des meilleurs combattants de ces dernières années. Sur la fameuse conversation, il donne sa version : Pereira lui aurait demandé, par l’intermédiaire de son traducteur Plinio Cruz, s’il deviendrait le plus grand de tous les temps en cas de victoire. Cormier lui aurait répondu que non, pas encore, mais qu’une ceinture suivie de plusieurs défenses ouvrirait ce débat.
Il a aussi défendu Hokit, en rappelant ses victoires contre deux membres du top 10, Blaydes et Lewis. Et il a glissé que Pereira s’y prenait mal pour obtenir une revanche immédiate.
Dana White perd patience
La réponse la plus attendue est arrivée lors de la conférence de presse du Dana White’s Contender Series. Le patron de l’UFC a balayé les accusations, qu’il a qualifiées de paranoïaques. Il assure n’avoir jamais demandé à Cormier de dire quoi que ce soit sur un combattant. Selon lui, les débats autour des combats naissent naturellement, au fil des annonces, et l’UFC ne les contrôle pas.
Il a reconnu ne pas aimer quand des commentateurs disent du mal des combattants, mais il affirme ne jamais intervenir. Et il a pris un exemple parlant : si l’UFC surveillait vraiment ce que disent les gens, Sean Strickland aurait été écarté depuis trois ans.
Ce que dit le règlement sur les coups derrière la tête
Le fond de l’affaire mérite qu’on s’y arrête. Les règles unifiées du MMA interdisent les frappes à l’arrière de la tête, sur une zone qui couvre grosso modo la nuque et le haut du crâne. Dans la réalité d’un combat, surtout quand un adversaire tourne le dos ou se recroqueville sous les coups, la frontière est difficile à juger en temps réel. C’est pour cette raison que l’arbitre peut avertir, retirer un point ou arrêter le combat. Herb Dean n’a rien fait de tout cela le 14 juin. Pereira estime que c’est là que le problème a commencé, et il n’est pas le premier combattant à pointer cette zone grise du règlement.
Une semaine compliquée pour le clan Pereira
Le contexte n’aide pas Pereira. Cette semaine, sa sœur Aline a échoué aux portes de l’UFC lors du Dana White’s Contender Series, battue par une jeune combattante très prometteuse. Le Brésilien a réagi publiquement à cette défaite. Dans le même temps, un streamer s’est amusé à le provoquer en ligne, ce qui lui a valu une réponse bien sentie.
Tout cela fait beaucoup de bruit autour d’un homme qui, jusqu’ici, avait bâti son image sur le silence et l’efficacité.
Et maintenant ?
Pereira a un combat devant lui, et il n’est pas anodin. Le 12 décembre, à l’UFC 335, il affronte Sergei Pavlovich, l’un des frappeurs les plus lourds de la catégorie. Cormier lui-même a reconnu qu’une victoire nette pourrait lui ouvrir une nouvelle chance pour le titre. De nombreux analystes avaient pourtant prévenu Pereira des risques de la montée chez les lourds. Pavlovich est exactement le type d’adversaire qui peut lui faire payer la différence de gabarit.
De son côté, Ciryl Gane prépare sa première défense de titre. S’il bat Hokit à New York, une revanche avec Pereira pourrait devenir l’affiche la plus logique de 2027, à condition que le Brésilien règle son affaire avec Pavlovich. Dans ce scénario, la polémique de cette semaine aura au moins servi à quelque chose : vendre le combat avant même qu’il soit signé.
Ce qu’il faut retenir
Pereira n’a pas tort sur tout. Il a été un champion spectaculaire, il fait vendre, et sa défaite contre Gane a laissé un goût d’inachevé à une partie du public. Mais l’UFC a fait un choix sportif cohérent : un champion contre un challenger invaincu qui a battu deux membres du top 10. Le Brésilien devra passer par Pavlovich pour revenir dans la discussion. Et le meilleur argument qu’il puisse présenter, il le connaît mieux que personne : un KO.



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