SOMMAIRE
01 · Premier acte : Merab écrase tout02 · L’ascension de « The Machine »03 · Deuxième acte : la revanche du Russe04 · Deux styles, une obsession05 · Le duel en chiffres06 · Une rivalité aussi personnelle que sportive07 · Les clés de la trilogie08 · Ce que la belle va décider09 · Notre pronosticUne victoire chacun, la belle à Abu Dhabi le 24 octobre. Retour sur les deux premiers duels, les styles en présence et ce que la trilogie Yan-Dvalishvili va décider à l'UFC 333.
Une victoire chacun. Deux combats que tout oppose. Et maintenant, une belle. Le 24 octobre à Abu Dhabi, Petr Yan et Merab Dvalishvili se retrouvent une troisième fois dans l’octogone, en co-main event de l’UFC 333. La ceinture des poids coqs est en jeu, mais l’enjeu dépasse le titre : il s’agit de savoir lequel des deux a vraiment dominé cette époque.
Premier acte : Merab écrase tout
Mars 2023, Las Vegas. Petr Yan sort d’une période difficile, avec des défaites contestées contre Aljamain Sterling et Sean O’Malley. Dvalishvili, lui, n’est pas encore une star. On le connaît comme le meilleur ami et partenaire d’entraînement de Sterling, un lutteur infatigable qui court partout.
Ce soir-là, il change de statut. Pendant cinq rounds, le Géorgien multiplie les tentatives d’amenée au sol, plus de quarante selon les statistiques officielles de l’époque. Yan en repousse beaucoup, mais il ne peut jamais s’installer. Il est bousculé, épuisé, mis sous pression en permanence. Les trois juges donnent la victoire à Dvalishvili avec des écarts énormes. Le message est passé : personne ne tient cinq rounds à ce rythme.
L’ascension de « The Machine »
Après cette victoire, tout s’enchaîne. Dvalishvili bat Henry Cejudo, puis prend la ceinture à O’Malley en septembre 2024. Il défend ensuite son titre contre Umar Nurmagomedov, un adversaire invaincu que beaucoup voyaient favori, puis contre O’Malley une deuxième fois, et enfin contre Cory Sandhagen. Trois défenses. Il égale le record de la catégorie et vise une quatrième défense en à peine plus d’un an, un rythme rarissime pour un champion de l’UFC.
C’est là qu’il recroise Petr Yan.

Deuxième acte : la revanche du Russe
Décembre 2025, UFC 323. Cette fois, Yan est prêt. Il a enchaîné les victoires depuis leur premier duel et revient avec un plan clair. Il défend mieux les tentatives de lutte, garde ses appuis et punit Dvalishvili dans les échanges debout. Le Géorgien n’arrive pas à imposer son volume habituel. À l’issue des cinq rounds, Yan l’emporte aux points et récupère une ceinture qu’il n’avait plus portée depuis des années.
Cette semaine, Dvalishvili est revenu sur ce combat. Il a raconté le moment précis où il a compris que la victoire lui échappait. Une confession assez rare pour un combattant à la veille d’une revanche, qui montre aussi qu’il a digéré cette défaite et qu’il a travaillé dessus.
Deux styles, une obsession
Petr Yan, le technicien froid
Yan (20-5) est l’un des boxeurs les plus complets de l’histoire des poids coqs. Il change de garde avec une facilité déconcertante, travaille en contre et accélère quand l’adversaire fatigue. Il a aussi une vraie base de lutte, qui lui permet de défendre et de se relever. Son principal point faible a longtemps été le démarrage : il lui arrive de laisser filer les premiers rounds pour mieux lire son adversaire.
Une statistique pèse sur lui. Malgré deux règnes, il n’a jamais défendu victorieusement un titre de l’UFC. Il avait perdu sa première ceinture sur disqualification contre Sterling, pour un genou illégal, avant de s’incliner de nouveau contre lui sur décision partagée. Cette fois, il défend un titre gagné sans contestation. L’occasion parfaite de briser la malédiction.
Merab Dvalishvili, le moteur qui ne s’arrête jamais
Dvalishvili (21-5) ne gagne pas en frappant fort. Il gagne en ne s’arrêtant jamais. Lutte, frappes, feintes, changements de rythme : son plan consiste à noyer l’adversaire sous le volume jusqu’à ce qu’il craque mentalement. Son cardio est probablement le meilleur de l’UFC toutes catégories confondues.
Sa limite, Yan l’a exposée en décembre : quand ses tentatives de lutte ne passent plus, il doit accepter des échanges debout où le Russe est plus précis. Pour cette belle, il devra trouver une autre façon d’entrer. Mélanger davantage ses attaques, ou changer de rythme plus tôt pour empêcher Yan de s’installer.
Le duel en chiffres
| Petr Yan | Merab Dvalishvili | |
|---|---|---|
| Bilan | 20-5 | 21-5 |
| Statut | Champion (2e règne) | Ancien champion |
| Défenses de titre réussies à l’UFC | 0 | 3 |
| Série en cours | 4 victoires | 1 défaite |
| Confrontations directes | 1 victoire (2025) | 1 victoire (2023) |
Une rivalité aussi personnelle que sportive
Entre les deux hommes, la tension ne date pas d’hier. Dvalishvili a longtemps été l’ombre d’Aljamain Sterling, celui qui a battu Yan deux fois dans des circonstances qui ont rendu le Russe fou de rage. La disqualification de 2021 pour un genou illégal sur un adversaire au sol reste l’un des épisodes les plus commentés de la catégorie. Pour Yan, battre Dvalishvili, c’était aussi régler une vieille affaire avec tout un camp.
Le Géorgien, de son côté, avait fait de sa victoire de 2023 le point de départ de son règne. Perdre le match retour, et la ceinture avec, a forcément laissé des traces. Ses confidences de cette semaine sur le moment où il a senti le combat lui échapper montrent qu’il y pense encore.
Ce mélange de rancune et de respect sportif donne souvent les meilleurs combats. Aucun des deux n’acceptera de perdre la belle sans avoir tout donné.
Les clés de la trilogie
Le premier round. Si Yan démarre lentement comme il en a l’habitude, Dvalishvili peut prendre une avance difficile à rattraper. Le Russe a intérêt à mettre de l’intensité dès le début.
La défense de lutte. C’est le baromètre du combat. Si Yan stoppe la majorité des amenées au sol, il prend le contrôle. Si Dvalishvili en réussit plusieurs dans les premiers rounds, le scénario de 2023 peut se répéter.
Les rounds de championnat. Sur cinq rounds, l’endurance de Dvalishvili est un avantage. Mais Yan a montré lors du deuxième combat qu’il pouvait aussi finir fort.
L’adaptation. Les deux hommes se connaissent par cœur. Celui qui aura le mieux préparé ses ajustements, et qui saura s’adapter en cours de combat, aura un avantage décisif.
Ce que la belle va décider
Une trilogie ne se résume pas à un score. Si Yan l’emporte, il signera sa première défense de titre et pourra revendiquer une domination sur l’un des champions les plus actifs de l’histoire récente. Il deviendrait le patron incontesté de la catégorie. Si Dvalishvili gagne, il redevient champion et prouve que la défaite de décembre était un accident. Il pourrait alors reprendre sa course au record de défenses.
Dans les deux cas, la division a déjà des prétendants qui attendent dans le couloir. Le vainqueur n’aura pas le temps de souffler.
Notre pronostic
Le deuxième combat a montré que Yan avait trouvé la clé. Il défend mieux, il frappe plus juste, et il connaît désormais le rythme imposé par Dvalishvili. Mais le Géorgien n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il a quelque chose à prouver.
On s’attend à un combat très serré, qui ira probablement à la décision. On penche légèrement pour Petr Yan aux points, grâce à sa précision dans les échanges et à une défense de lutte qui a nettement progressé. Mais sur un combat de cinq rounds entre deux hommes de ce niveau, un seul round mal négocié peut tout changer.
Rendez-vous le samedi 24 octobre à Abu Dhabi, juste avant le main event Volkanovski vs Evloev.



Ton avis sur le sujet ?