SOMMAIRE
01 · Volkanovski au rugby : la fiche02 · Wollongong, des origines macédoniennes et grecques03 · D’abord la lutte, puis le rugby04 · Les Warilla Gorillas et les années de gloire05 · Le basculement vers le MMA06 · Ce que le rugby a apporté au combattant07 · Wollongong, la ville qui ne l’a jamais oublié08 · De la mêlée à l’UFC 333Avant l'UFC, Alexander Volkanovski était pilier de rugby à XIII à 97 kg. Club, titres, transformation physique et origines : l'histoire étonnante du champion.
Difficile d’imaginer, en le voyant combattre à 66 kg, qu’Alexander Volkanovski a longtemps pesé près de 97 kilos. Avant de devenir l’un des meilleurs poids plumes de l’histoire de l’UFC, le champion australien était pilier de rugby à XIII, et un très bon. Meilleur joueur de sa ligue en 2010, champion l’année suivante, il a tout quitté à 23 ans pour se consacrer au MMA. Retour sur le passé méconnu de Volkanovski au rugby, ses origines et la transformation physique hors norme qui l’a mené jusqu’à la ceinture.
Volkanovski au rugby : la fiche
Wollongong, des origines macédoniennes et grecques
Alexander Volkanovski est né le 29 septembre 1988 à Wollongong, ville côtière de Nouvelle-Galles du Sud, à environ 80 kilomètres au sud de Sydney. Son père, Anthony, est né à Beranci, dans l’actuelle Macédoine du Nord. Sa mère, Mary, est originaire de la Macédoine grecque. Ce double héritage explique son surnom actuel, « The Great », clin d’oeil à Alexandre le Grand. Au début de sa carrière, on l’appelait plutôt « The Hulk », un surnom hérité de son gabarit de rugbyman.
Wollongong est une ville ouvrière, très marquée par le sport, et notamment par le rugby à XIII, véritable religion dans cette partie de l’Australie. C’est dans ce contexte que le jeune Alexander grandit, entre les terrains et les tapis.
D’abord la lutte, puis le rugby
Le sport de combat est arrivé très tôt dans sa vie. Enfant, Volkanovski pratique la lutte gréco-romaine et remporte un titre national à seulement 12 ans, en 2001. Un détail qui prendra tout son sens des années plus tard dans l’Octogone.
À 14 ans, il abandonne pourtant la lutte pour se consacrer au rugby à XIII. Il joue au poste de pilier, ce rôle ingrat de première ligne où l’on encaisse et où l’on percute à chaque action. Après le lycée, à Lake Illawarra High School, il travaille comme maçon, spécialisé dans le béton, tout en continuant à jouer au rugby à un niveau semi-professionnel.
Le rugby à XIII, un sport de combat déguisé
Pour le public français, plus habitué au rugby à XV, une précision s’impose. Le rugby à XIII, appelé rugby league dans les pays anglophones, se joue à treize joueurs, sans touches ni rucks disputés. Le jeu est plus rapide, plus direct, et repose sur une succession de six tenus par possession. Chaque action ressemble à une collision : le porteur du ballon fonce dans la défense, se fait plaquer, se relève et recommence.
En Australie, et particulièrement en Nouvelle-Galles du Sud, c’est le sport roi. Les piliers y sont des athlètes à part, capables d’encaisser des dizaines d’impacts par match tout en maintenant un rythme élevé pendant 80 minutes. Un profil physique et mental qui ressemble étrangement à celui d’un combattant de MMA.
Les Warilla Gorillas et les années de gloire

C’est sous le maillot des Warilla Gorillas, en Group 7 Rugby League, que Volkanovski se fait un nom. Puissant, endurant, combatif, il s’impose comme l’un des piliers les plus redoutés de la compétition. En 2010, il reçoit la Mick Cronin Medal, récompense attribuée au meilleur joueur de la ligue.
La saison suivante, en 2011, Warilla remporte le championnat. En grande finale face à Gerringong, Volkanovski est élu homme du match. À ce moment-là, beaucoup lui prédisent un avenir dans le rugby. Lui a déjà la tête ailleurs.
Le saviez-vous ? Pendant l’intersaison de rugby, Volkanovski pesait environ 97 kg. Il combat aujourd’hui chez les poids plumes, limite fixée à 65,8 kg. Une perte de plus de 30 kilos sur plusieurs années, accompagnée d’une refonte complète de son physique.
Le basculement vers le MMA
Selon son entraîneur Joe Lopez, tout commence à 22 ans. Volkanovski cherche un moyen de rester en forme pendant l’intersaison et retourne à ses premières amours, la lutte, dans une salle de MMA. Il y prend goût immédiatement. Dans la seconde moitié de 2011, quelques mois après le titre de champion avec Warilla, il quitte définitivement le rugby, à 23 ans, pour se consacrer entièrement aux arts martiaux mixtes.
Le choix paraît alors risqué. Il abandonne une place de titulaire dans une équipe championne pour un sport encore peu développé en Australie, sans aucune garantie de réussite. Avec le recul, c’est l’une des meilleures décisions de l’histoire du MMA.
La descente de catégorie
Ses premiers combats amateurs se déroulent chez les poids moyens, autour de 84 kg, avec un bilan de 4 victoires sans défaite. Puis, combat après combat, il descend : welters, légers, et enfin plumes. Chaque palier exige une transformation de son alimentation, de sa préparation physique et de sa façon de combattre. Il passe d’un gabarit de percuteur à celui d’un athlète sec, explosif et endurant.
Pour connaître ses mensurations actuelles, notre article sur le poids et la taille de Volkanovski détaille son gabarit de champion, avec ses 1,68 m pour 182 cm d’allonge.
Ce que le rugby a apporté au combattant

Beaucoup d’anciens rugbymen se sont essayés au MMA. Très peu ont réussi à ce niveau. Chez Volkanovski, le rugby a laissé des traces précieuses :
- La résistance aux chocs. Un pilier passe ses matchs à encaisser des impacts. Cette habitude du contact se retrouve dans sa capacité à avancer sous les coups.
- Le cardio. Le rugby à XIII est un sport d’endurance intense. Volkanovski est réputé pour sa capacité à accélérer quand ses adversaires faiblissent, notamment dans les rounds 4 et 5.
- La puissance dans les jambes. Ses amenées au sol et sa stabilité doivent beaucoup à des années de mêlées et de percussions.
- L’esprit d’équipe. Il reste très attaché à son clan de Wollongong, à son entraîneur historique et à ses partenaires d’entraînement.
Wollongong, la ville qui ne l’a jamais oublié
Volkanovski n’a jamais quitté sa ville. Il s’entraîne toujours au Freestyle Fighting Gym de Wollongong, sous la direction de Joe Lopez, qui lui a aussi remis sa ceinture noire de jiu-jitsu brésilien. En mai 2025, la ville lui a remis ses clés, une distinction rare qui récompense le parcours de l’enfant du pays devenu double champion du monde.
Son histoire inspire au-delà du MMA. Elle montre qu’un athlète peut changer de discipline, de corps et de vie à 23 ans, et atteindre le sommet mondial. Il s’est même offert un combat de boxe professionnelle en 2015, remporté aux points sur quatre rounds.
De la mêlée à l’UFC 333
Ce samedi, l’ancien pilier des Warilla Gorillas défend sa ceinture des plumes face à l’invaincu Movsar Evloev à Abu Dhabi. À 38 ans, il pourrait ajouter une nouvelle ligne à un palmarès déjà légendaire, que nous avons détaillé dans notre article sur le record complet de Volkanovski.
Pour préparer la soirée, retrouvez notre pronostic Volkanovski vs Evloev et notre article UFC 333 : à quelle heure en France. Et si les parcours atypiques vous passionnent, celui de The Rock, ancien footballeur américain devenu star du catch, mérite aussi le détour.



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