La rose d’Ilia Topuria, ce n’est pas de la provocation. C’est du respect. À chaque fois que « El Matador » sort victorieux de l’Octogone, il pose délicatement une rose sur le canvas avant de quitter la cage. Un geste qui intrigue, qui fait parler, et qui est finalement l’un des rituels les plus élégants que le MMA ait jamais connus. Topuria l’a lui-même expliqué, et l’histoire derrière ce symbole est bien plus belle qu’on ne l’imagine.
Tout vient de la corrida espagnole
Pour comprendre la rose, il faut comprendre l’homme. Ilia Topuria est Géorgien de naissance, mais espagnol de cœur. Il a grandi en Espagne, il vit en Espagne, et il s’est naturalisé espagnol. Sa culture, son identité, son regard sur le combat tout est imprégné de cet héritage ibérique. Et dans la culture espagnole, il y a la corrida. La tauromachie. Le matador. C’est là qu’est née la rose. Au micro d’Ariel Helwani, Topuria avait posé les premières bases de l’explication : « Quand le matador rentre dans l’arène, les gens lui offrent une rose pour le remercier d’être là et lui offrir le respect et la gratitude qu’il mérite avant de commencer le spectacle. » Invité de la chaîne YouTube One on One MMA, il est allé encore plus loin, avec une formulation limpide et touchante : « C’est un signe de respect issu de la tauromachie et des traditions espagnoles. Quand le matador a fini son spectacle, que tout est fini, il vient déposer la rose dans l’arène. C’est une manière de montrer du respect à son adversaire, et c’est ma manière de le faire. »
Un surnom, un alter ego, une philosophie

Tout part du surnom : « El Matador ». Dans la corrida, le matador est le torero principal, celui qui affronte le taureau en face à face, celui qui porte le combat à son terme. C’est une figure de bravoure, de technique et de spectacle pas très loin, dans le fond, de ce que fait Topuria dans l’Octogone. Topuria n’a pas choisi ce surnom par hasard ou par marketing. C’est une vraie extension de sa personnalité, de sa façon de vivre le combat. Lui, il entre dans la cage comme un matador entre dans l’arène : avec la conviction qu’il va mettre fin au spectacle de manière définitive. Et quand c’est fini, il laisse la rose. Le geste du matador qui a accompli son œuvre. Ce qui est fort dans ce rituel, c’est qu’il ne s’adresse pas au public. Il s’adresse à l’adversaire. C’est une façon de dire : « Tu t’es battu, tu mérites mon respect. » Dans un sport où les trash talks et les provocations dominent souvent le paysage médiatique, Topuria offre quelque chose de rare : une forme de noblesse post-combat.
Depuis quand ce rituel existe-t-il ?
Le rituel de la rose est apparu pour la première fois lors du combat de Topuria face à Josh Emmett, en juin 2023. Depuis, il ne s’en est jamais séparé. Victoire après victoire — contre Emmett, contre Volkanovski pour le titre, contre Max Holloway la rose est là, posée sur le canvas de l’Octogone, témoignage silencieux d’une bataille terminée. À chaque fois, l’image frappe. Il y a quelque chose de presque surréaliste à voir cet homme qui vient de mettre quelqu’un K.O. s’arrêter, sortir une rose, et la poser avec soin sur le sol de la cage. Le contraste entre la violence du combat et la délicatesse du geste est saisissant et c’est probablement ce qui rend ce rituel aussi puissant visuellement.
Un rêve : entrer en Espagne avec une rose sous les projecteurs
Topuria a confié un rêve lié à ce rituel : si l’UFC organisait un jour un événement en Espagne, il aimerait faire son entrée dans l’arène en portant lui-même la rose, comme un vrai matador entrant dans une corrida devant son peuple. Une image qui donne des frissons rien qu’à l’imaginer. Ce n’est pas encore arrivé, mais vu la trajectoire du combattant géorgiano-espagnol, rien ne semble impossible. Son prochain rendez-vous est déjà calé : le 14 juin 2026 à l’UFC Maison Blanche, où il affrontera Justin Gaethje dans ce qui s’annonce comme l’un des combats de l’année. Une autre occasion de poser une rose dans la cage si tout se passe comme prévu.
La rose dans un sport sans pitié : un symbole qui dépasse le MMA
Ce qui est beau avec le rituel de Topuria, c’est qu’il transcende le sport. Dans un monde où les combattants cherchent souvent à humilier, à dominer, à écraser symboliquement l’adversaire même après la fin du combat, « El Matador » fait exactement l’inverse. Il rend hommage. Il reconnaît que l’homme en face a accepté le même risque que lui, a souffert, a préparé des mois pour ce moment. La rose dit tout ça sans un mot. Et c’est pour ça qu’elle reste gravée dans les mémoires bien au-delà des K.O. qui la précèdent.
Quentin, 27 ans, passionné par les sports de MMA. Suivez mon aventure au coeur de tous les combats MMA !



